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Afrique du Sud: l'avenir des enfants pauvres hypothéqué, selon la Banque mondiale

         Date: 2012-07-30

           Tag: Afrique, Afrique enfants

Summary: Les inégalités menacent la cohésion sociale en Afrique du Sud, les enfants nés dans des familles pauvres -- surtout noirs -- risquant de ne jamais échapper à la pauvreté, estime la Banque mon…

Les inégalités menacent la cohésion sociale en Afrique du Sud, les enfants nés dans des familles pauvres -- surtout noirs -- risquant de ne jamais échapper à la pauvreté, estime la Banque mondiale.

Dans une étude publiée cette semaine, la Banque montre que le sexe et l'origine ethnique d'un enfant, de même que le manque d'éducation, déterminent en grande partie ses chances de succès dans la vie, même dix-huit ans après la fin de l'apartheid.

"L'Afrique du Sud, première économie du continent de loin, et son seul pays membre du G20, montre des niveaux d'inégalité et de marginalisation extraordinairement élevés pour un pays à revenus moyens-hauts", constate-t-elle.

Bien que l'Afrique du Sud ait fait de grands progrès dans sa transformation économique, avec l'émergence d'une des classes moyennes noires les plus dynamiques du continent, les niveaux de pauvreté et de chômage restent dangereusement élevés, particulièrement en dehors des centres urbains.

L'Afrique du Sud est souvent comparée au Brésil, qui possède également un énorme écart de revenus. Mais alors que les Brésiliens ont réduit cet écart au cours de la dernière décennie, le gouffre y est plus profond que jamais.

Les 10% des Sud-Africains les plus riches concentrent 58% des revenus du pays, tandis que les 10% les plus pauvres s'en partagent 0,5%, pointe la Banque mondiale.

La moitié de la population sud-africaine vit avec moins de 8% des revenus du pays.

L'Afrique du Sud aura du mal à faire croître l'économie jusqu'à ce que ses richesses soient plus équitablement réparties, estime l'institution de Bretton Woods.

La couleur de la peau reste toujours un critère d'inégalité, constate le rapport, les Blancs étant en grande partie à l'abri des difficultés économiques grâce à leurs privilèges hérités de l'apartheid.

"Au-delà des conditions de vie du +premier monde+ de l'Afrique du Sud urbaine, il n'est pas trop difficile de voir la situation dégradée des townships, des bidonvilles et des anciens homelands" (les zones rurales que le régime d'apartheid réservait aux populations noires, ndlr), constate Sandeep Mahajan, qui a dirigé le rapport. Et leurs habitants sont souvent "déconnectés du marché du travail", selon lui.

"Un enfant sud-africain (non blanc) ne doit pas seulement travailler plus dur pour surmonter les désavantages liés à sa naissance mais, après l'avoir fait, ceux-ci réapparaissent lorsqu'il cherche un emploi une fois adulte", ajoute-t-il.

La croissance économique, restée modeste avec une moyenne de 3,2% par an depuis 1995, a été "insuffisante pour absorber la vague de nouveaux arrivants sur le marché du travail, après le démantèlement des barrières de l'apartheid", note le rapport.

Du coup, le taux de chômage officiel dépasse les 25% en Afrique du Sud, en grande partie des Noirs (qui eux-mêmes constituent environ 80% de la population).

Pour l'analyste Andrew Levy, le problème n'est pas "propre à l'Afrique du Sud".

"L'histoire a montré que les sociétés qui ont émergé de n'importe quel type de système de gouvernance injuste ont d'importants problème d'inégalité", remarque-t-il. Mais, ajoute-t-il, le nouveau gouvernement "aurait pu faire mieux".

Le système éducatif est le principal accusé. La Banque mondiale constate que les enfants noirs des zones rurales dont les parents n'ont pas de diplôme sont les plus susceptibles de ne pas terminer leurs études ou de n'avoir pas accès à la santé. Ces populations sont tout bonnement exclues.

Les enfants de certaines régions du pays doivent apprendre sous les arbres, et des dizaines de milliers d'entre eux n'ont pas de manuels scolaires, quand bien même l'éducation est le plus important poste budgétaire de l'Etat.

"La seule façon d'inverser la tendance de l'inégalité est d'investir dans l'éducation", insiste l'économiste Azar Jammine.


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