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Ces Africains à la conquête de l'Eldorado chinois

       Date: 2012-08-06

    Balise: Africains, Africains chinois

Résumé: Signatures de contrats, crédits atteignant 20 milliards de dollars, aides médicales, bourses aux étudiants.

Signatures de contrats, crédits atteignant 20 milliards de dollars, aides médicales, bourses aux étudiants.

La chine s’impose en Afrique à coups d’investissements coûteux. Le pays s’inscrit comme premier partenaire mondial du continent. Une coopération qui attire de plus en plus d’Africains en Chine, pour la majorité des commerçants. Eux aussi veulent bénéficier du boom économique asiatique. Décryptage.

Ici, on ne signe pas de contrats qui se chiffrent en milliards. Les commerçants africains achètent vêtements, téléphones portables, appareils électroménagers bon marché dans les usines chinoises. Ils les exportent ensuite vers leurs clients du continent noir. Un rôle d’intermédiaire qui séduit un nombre croissant de négociants.

Délaissant les habituelles plates-formes commerciales de Dubaï ou d’Asie du sud-est, les Africains viennent s’installer en Chine pour y trouver directement des produits manufacturés encore moins chers.

Majoritairement Nigérians, Maliens, Guinéens et Ghanéens, ils établissent leurs commerces dans les principales villes de négoce du pays : Canton, Hong Kong, Macao, Yiwu, Shanghai et Pékin. Même si la population de commerçants africains tend à se féminiser, ce sont principalement des hommes seuls qui s’établissent souvent à leur compte.

Ceux que l’on appelle « trader » (commerçant, ndlr) sont en général détenteurs d’un visa de travail ou d’un permis de résidence à long terme. Ils négocient, stockent, conditionnent et acheminent vers l’Afrique les marchandises achetées.

D’autres, s’installent comme acheteurs/revendeurs et font des allers et retours dans leurs pays. Ils séjournent en Chine grâce à des visas valables trois mois. Une fois la validité de leur visa dépassée, certains restent dans le pays illégalement ou profitent d’un visa étudiant pour rester plus longtemps.

Fuite des cerveaux

Parmi les premiers à avoir ouvert la brèche, les étudiants africains venus en Chine pour étudier grâce à des bourses délivrées par l’État. Depuis, ils n’ont pas quitté le pays comme Tekeste, un Éthiopien de 24 ans, arrivé à Pékin en 2007.

Il vient de finir ses études d’ingénierie électrique. « Rien ne m’a chassé de mon pays. Je suis venu ici pour étudier, apprendre, prendre des technologies et voir ce que je peux en faire quand je rentrerai chez moi », explique-t-il. Cet ingénieur s’investit beaucoup au sein de la communauté africaine.

« Nous sommes ingénieurs, scientifiques, médecins, tous éduqués ici et qui finissent par être commerçants, vendant des biens manufacturés peu chers en Afrique sans rien apporter de nouveau ou d’innovant », poursuit Tekeste. Afin de lutter contre cette fuite des cerveaux, il a participé à la création d’une association Young African professional Students, un réseau d’entraide entre Africains vivant en Chine.

Leur but est de favoriser l’embauche d’Africains par les entreprises chinoises présentent sur leur continent noire et qui, jusqu’à présent, n’emploient que des travailleurs chinois.

« Nous nous voyons comme les ambassadeurs, les diplomates entre la Chine et l’Afrique », souligne Tekeste. « Nous sommes ceux qui retourneront sur notre continent, capables de parler chinois, de comprendre la culture et la manière dont les gens pensent ici et finalement, nous serons capables de négocier des contrats. »

Ville de l’électronique

« J’achète des habits à Canton. Shenzhen, c’est la ville de l’électronique comme Hong Kong. J’y trouve les téléphones, les ordinateurs, les iPads, c’est moins cher », raconte un Camerounais de 26 ans souhaitant rester anonyme et qui vit à Pékin.

Il est arrivé en Chine, en 2009 grâce à l’aide de sa sœur qui travaillait déjà dans le pays depuis deux ans. Toujours détenteur d’un visa étudiant, il cumule deux activités : la musique et le commerce : « J’envoie tout ça en Afrique pour faire du business. J’ai un grand-frère qui est là-bas, il me cherche des clients potentiels et j’envoie les produits sur le littoral camerounais à Douala et à Yaoundé. »

Des échanges qui profitent aussi à ses proches : « Ça représente un bon marché. Le but est de pouvoir récupérer du capital pour que ma famille en profite. »

Dès les années 90, les Africains arrivent en Chine qui ouvre progressivement ses frontières. Le pays entre sur le marché du commerce international en rejoignant l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 2001.

Le président Hu Jintao renforce cette position d’ouverture au continent en 2006 lors du 3e Forum de coopération Chine-Afrique (FOCAC) qui réunit à Pékin 48 chefs d’Etat africains. Les relations entre le continent noir et l’empire du milieu vont s’intensifier.


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